Christine Aiken :
Je sais que chaque jour comporte son lot de risques. Chaque fois que je ressens une décharge fulgurante, je me demande si, cette fois, je vais m’en remettre et à quel point mes capacités ont-elles encore diminué? C’est comme si je vivais désormais dans l’instant présent.
Jay Ingram :
Notre invitée, Christine Aiken, a été victime d’un AVC et vit désormais avec une démence vasculaire. Elle s’est donné pour mission de changer notre façon de voir cette maladie, alors même qu’elle est confrontée au risque de subir d’autres petits AVC.
Allison Sekuler :
Bienvenue à Défier la démence, le balado pour quiconque a un cerveau.
Jay Ingram :
Défier la démence, c’est un balado qui aborde de nombreux sujets, comme le vieillissement en santé, l’amélioration de la santé cérébrale et la démystification de la démence.
Allison Sekuler :
Aujourd’hui, nous nous penchons sur la deuxième forme de démence la plus courante après la maladie d’Alzheimer : la démence vasculaire. Tout est une question de circulation sanguine vers le cerveau.
Jay Ingram :
Je m’appelle Jay Ingram. Je suis journaliste scientifique. J’ai consacré la majeure partie de ma carrière à écrire sur le cerveau et à en parler.
Allison Sekuler :
Je m’appelle Allison Sekuler. Je suis présidente et scientifique en chef à l’Académie de recherche et d’éducation Baycrest et au Centre d’innovation sur la santé du cerveau et le vieillissement.
Jay Ingram :
Joignez-vous à nous pour défier la démence. Parce qu’il n’y a pas d’âge pour prendre soin de son cerveau.
Allison Sekuler :
Comme nous l’avons mentionné dans notre épisode “Démence 101”, nous consacrerons de temps à autre une émission à un type précis de démence afin de mieux faire connaître cette maladie et d’entendre le témoignage de personnes qui en sont atteintes.
Jay Ingram :
Aujourd’hui, la démence vasculaire. La démence vasculaire est causée par une maladie cérébrovasculaire, qui survient lorsque les vaisseaux sanguins qui alimentent le cerveau sont endommagés. Par exemple, à la suite d’un AVC, qu’il soit important ou mineur, la diminution du débit sanguin prive les cellules cérébrales d’oxygène et de nutriments, ce qui finit par les détruire.
Allison Sekuler :
Et selon la région du cerveau où ces lésions se produisent, elles peuvent affecter les mouvements, la vision, la parole, la mémoire et d’autres fonctions cognitives.
Jay Ingram :
Plus tard dans l’émission, nous parlerons avec un expert du domaine des moyens pour réduire les risques de démence vasculaire. Mais d’abord, nous allons entendre le témoignage d’une personne qui vit bien malgré un tel diagnostic.
Allison Sekuler :
Notre première invitée, Christine Aiken, habite à Chilliwack, en Colombie-Britannique. Âgée de 67 ans, elle a travaillé pendant près de vingt ans dans le système de santé de la Colombie-Britannique, où elle prenait soin de personnes atteintes de démence. À l’âge de 54 ans, alors qu’elle déplaçait un patient à l’aide d’un dispositif de levage, elle a été victime d’un AVC et a temporairement perdu la capacité de parler et de marcher normalement, mais elle a progressivement retrouvé ces capacités. Puis, deux ans plus tard, à l’âge de 56 ans, elle a reçu un diagnostic de démence vasculaire et de maladie cérébrovasculaire, mais cela ne l’a pas ralentie. Elle est devenue une militante pour les personnes atteintes de démence et une conférencière qui mène des activités de sensibilisation dans de petites communautés partout au Canada. Elle a également pris la parole lors de grandes conférences sur la démence partout dans le monde. Christine Aiken est avec nous aujourd’hui depuis Chilliwack, en Colombie-Britannique. Christine, merci de nous aider à défier la démence.
Christine Aiken :
Merci de m’avoir invitée.
Allison Sekuler :
Nous aimerions que vous nous parliez de votre AVC, mais commençons par votre travail de sensibilisation. Pourriez-vous nous parler du dernier événement auquel vous avez pris la parole?
Christine Aiken :
C’était dans une petite communauté rurale, à Grand Forks, en Colombie-Britannique. J’ai parlé devant environ 125 ou 130 personnes. Il y avait donc beaucoup de monde.
Allison Sekuler :
De quoi avez-vous parlé? Quel était le principal message que vous vouliez faire passer au public?
Christine Aiken :
Il ne faut pas craindre de recevoir un diagnostic de démence, et on peut tout de même avoir une vie extraordinaire et améliorer sa qualité de vie si l’on parvient à surmonter cette peur.
Jay Ingram :
Allison a mentionné dans l’introduction que vous aviez été victime d’un AVC alors que vous déplaciez un patient. Racontez-nous ce qui s’est passé ce jour-là.
Christine Aiken :
C’était une journée de travail comme les autres. J’avais installé le patient dans le dispositif de levage et j’allais faire ce que j’avais à faire quand, tout à coup, j’ai senti comme un éclair me traverser la tête. J’ai perdu la vue et je me suis simplement adossée au mur. C’est la dernière chose dont je me souviens, jusqu’au moment où j’ai entendu ma collègue et amie, qui travaillait ce jour-là. Je l’entendais parler aux infirmières et aux médecins. À ce moment-là, j’étais dans un lit d’hôpital, mais je ne pouvais pas leur parler. Je ne pouvais bouger aucune partie de mon corps. Je fixais simplement le plafond. C’est elle qui était ma voix à ce moment-là. C’était terrifiant.
Jay Ingram :
J’imagine. C’était donc l’effet immédiat, mais parlez-nous de votre rétablissement.
Christine Aiken :
Mon rétablissement a été long. Je n’arrivais pas à marcher correctement. Ma vision disparaissait par moments. Mon équilibre et ma coordination étaient affectés, alors j’ai dû avancer pas à pas. J’ai fait beaucoup de réadaptation, sans savoir si je retrouverais toutes mes capacités. J’ai retrouvé la parole assez rapidement, même si ce n’était plus comme avant. Ça a demandé beaucoup d’efforts.
Allison Sekuler :
Et après votre AVC majeur, qu’est-ce qui vous a amenée à vous demander si vous étiez atteinte de démence?
Christine Aiken :
Je sentais toujours que quelque chose n’allait pas. Je me disais : « Je ne devrais pas avoir autant de mal à effectuer certaines tâches que je faisais habituellement à la maison », comme cuisiner. Pourquoi est-ce que je n’arrive plus à suivre une recette? C’est ce qui m’a poussée à chercher des réponses. Je ne me souviens pas exactement, c’est peut-être la démence qui commence à se manifester, ça a pris un an ou deux après le premier événement majeur. Le médecin qui s’occupait habituellement des patients atteints de démence, que je connaissais très bien grâce à mon travail, a refusé de me prendre comme patiente. Il a dit clairement à mon médecin : « Non, je ne veux pas de jeunes patients atteints de démence. » Je me suis donc retrouvée avec seulement mon médecin de famille, mais il a réuni une équipe de médecins qui allaient m’accompagner. Il y avait un interniste. Il y avait un spécialiste des maladies vasculaires et un médecin spécialisé en neuropsychologie qui connaissait vraiment très bien le cerveau. J’ai passé des IRM (imageries par résonance magnétique), effectué toutes sortes d’examens et subi différents tests. J’ai finalement reçu mon diagnostic.
Allison Sekuler :
Vos médecins pensaient donc que vous souffriez peut-être d’une maladie cérébrovasculaire avant même votre AVC majeur?
Christine Aiken :
Oui.
Jay Ingram :
Christine, en quoi les maladies cérébrovasculaires et le risque d’AVC vous affectent-ils aujourd’hui?
Christine Aiken :
C’est un risque énorme au quotidien pour moi. Mon médecin travaille beaucoup avec moi pour m’assurer que je prends les bons médicaments, car il faut maintenir une bonne circulation sanguine. Je dois continuer à prendre soin de mon cœur, car mon système vasculaire est en piteux état et mon cœur doit travailler trop fort. Je dois y penser tous les jours et faire des choses comme de l’exercice. Je ne peux pas me permettre de négliger ça. Ça pourrait me coûter la vie.
Jay Ingram :
Et avez-vous encore de temps à autre des AIT, c’est-à-dire des accidents ischémiques transitoires, de petits AVC?
Christine Aiken :
Oh oui. J’en ai beaucoup. Il m’arrive de me réveiller le matin et de savoir qu’un événement s’est produit durant la nuit. Ma vision est floue. Ma coordination et mon équilibre sont complètement perturbés. Je dois réorganiser ma journée, car je ne serai pas capable de faire ce que j’avais prévu, ni sur le plan cognitif ni sur le plan physique, car les deux sont touchés pour moi. Je sais que chaque jour comporte son lot de risques. Chaque fois que je ressens une décharge fulgurante ou que j’ai un autre AIT, je me demande si, cette fois, je vais m’en remettre et à quel point mes capacités ont-elles encore diminué? Alors, quand je me réveille, je dois simplement me mettre en action immédiatement et faire tout ce que je peux, en fonction de ma forme ce jour-là. C’est comme si je vivais désormais dans l’instant présent, et j’ai une équipe formidable. C’est l’autre facette de la situation, je suis entourée de gens extraordinaires et j’ai beaucoup de chance de les avoir. Et mon mari m’aide beaucoup. Et ce n’est pas facile, parce que parfois, je dis : « Oh, je pense que ça va aller. » Et lui me répond : « Mais clairement, ce n’est pas le cas aujourd’hui. » Je me fâche alors contre lui parce qu’il me dit ça, parce que je ne veux pas l’entendre. On a appris à composer avec tout ça, alors on se dit : « Bon, on va faire quelque chose. » Il faut être très conscient de ces choses-là et être prêt à accepter l’aide et le soutien des autres, mais aussi leur faire comprendre le genre d’aide et de soutien dont j’ai besoin.
Jay Ingram :
Comment ce diagnostic de démence vasculaire vous a-t-il amenée à faire ce que vous faites aujourd’hui, Christine?
Cristine Aiken :
J’étais anéantie, non seulement à cause de l’AVC, mais aussi parce que c’est très effrayant quand un médecin vous regarde et vous annonce : « Voilà ce que vous avez, et il vous reste entre trois et huit ans à vivre. Mettez de l’ordre dans votre vie, dans vos affaires », c’est ce qu’on vous dit. Alors, je me suis retrouvée pendant un moment dans une sorte de gouffre de ténèbres, puis je me suis dit : «Ça ne peut pas être la fin. » Alors, ma devise est devenue : « Je ne suis pas encore fini ». J’ai commencé à faire des recherches, assise chez moi devant mon ordinateur, puis j’ai découvert certaines organisations et j’ai commencé à parler avec d’autres personnes atteintes de démence, ce qui m’a amenée à militer. Trop de gens ne parviennent pas à sortir de ce gouffre sombre. Il faut changer les choses pour qu’ils sachent qu’il y a une vie après le diagnostic. C’est ce qui m’a permis de reconstruire ma vie.
D’un autre côté, j’étais anéantie par la perte de ma carrière. J’adorais mon travail. Et le lendemain, quand j’ai reçu mon diagnostic, on m’a dit : « Vous n’avez plus d’emploi. » On ne propose rien aux personnes qui reçoivent un diagnostic de démence. On les laisse simplement de côté, et je me suis dit : ce n’est pas acceptable. Aujourd’hui, je ne suis plus en colère. Je suis reconnaissante, aussi étrange que cela puisse paraître, car ma vie est tellement plus riche. J’ai entendu des histoires que vous ne pourriez même pas imaginer, et ma vie est maintenant plus riche.
Jay Ingram :
Christine, dans notre balado, nous parlons toujours des moyens de réduire les risques de démence. Vous avez déjà reçu un diagnostic de démence vasculaire, mais vous menez tout de même une vie assez active. Alors, que faites-vous pour réduire le risque d’apparition d’autres problèmes?
Cristine Aiken :
Pour moi, manger les bons aliments est vraiment important. Je ne me préoccupe pas tellement du reste de mon corps, mais je nourris mon cerveau, car si je le fais, il enverra les bons signaux partout ailleurs. C’est comme ça que je vois les choses. Et je continue à participer à de nombreux projets de recherche, car le savoir, c’est le pouvoir. J’apprends beaucoup auprès des médecins, des chercheurs et d’autres personnes qui travaillent dans ce domaine. J’apprends énormément de choses sur les façons de m’aider moi-même. L’exercice en fait partie, c’est un sujet dont nous avons parlé lors de la conférence à laquelle j’ai assisté à Toronto la semaine dernière. J’ai découvert quelque chose que j’ai présenté aux chercheurs pour qu’ils puissent approfondir la question. Lorsque mon cerveau est fatigué ou stressé et que j’ai du mal à faire face aux activités quotidiennes, j’arrête d’essayer de faire quoi que ce soit qui demande un effort mental et je fais du travail physique intense. Par exemple, j’ai arraché tous les tapis de ma maison. J’ai arraché toutes les plinthes. Mon mari rentre à la maison et il ne sait jamais ce qui l’attend. « Qu’est-ce que tu fais? » « Je n’aime pas les tapis. Il faut qu’on s’en débarrasse. » Et lui : « D’accord, je suppose qu’ils ont disparu maintenant. » Quand je fais du travail physique, comme je suis encore en bonne forme, mon cerveau se détend. Il n’utilise pas les mêmes ressources. Il n’est plus sur les mêmes longueurs d’onde ou n’utilise pas les mêmes connexions que lorsque j’essaie de faire d’autres types de travail. C’est donc comme ça que je gère cet aspect-là.
Allison Sekuler :
Quand vous aurez fini de rénover votre maison, vous pourrez venir chez moi. Il y aura beaucoup de travail pour vous.
Cristine Aiken :
Avec plaisir.
Allison Sekuler :
Christine, c’était vraiment formidable de discuter avec vous et d’entendre votre point de vue. Selon vous, quelle est la chose la plus importante que les gens devraient retenir au sujet de la démence vasculaire?
Cristine Aiken :
Je pense qu’il faut se faire évaluer tôt, puis s’impliquer, qu’il s’agisse de démence vasculaire, de démence à corps de Lewy, de démence frontotemporale ou de n’importe quel autre type. Participez à la recherche et militez afin de rencontrer des gens et d’apprendre comment rester en bonne santé plus longtemps. Parce que pour la plupart d’entre nous, ce qu’on veut, c’est une bonne qualité de vie, pas simplement vivre plus longtemps. Et c’est ça, l’essentiel. On veut avoir une bonne qualité de vie tant qu’on est là, n’est-ce pas?
Allison Sekuler :
Bien dit. Merci beaucoup de vous être jointe à nous.
Cristine Aiken :
Merci de m’avoir invitée. Ça a été très agréable.
Jay Ingram :
Oui, merci.
Allison Sekuler :
Christine Aiken est une militante pour les personnes atteintes de démence; elle nous a parlé depuis Chilliwack, en Colombie-Britannique. Elle tient également un blogue sur sa vie, que vous pouvez consulter à l’adresse chrissysjourney.com. Nous mettrons un lien vers le blogue de Christine sur notre site Web.
Jay Ingram :
Notre prochain invité a écouté le témoignage de Christine Aiken. Le Dr Eric Smith est un spécialiste de la démence vasculaire. Il étudie comment les maladies touchant les vaisseaux sanguins du cerveau, ainsi que des événements tels que les AVC, peuvent contribuer au déclin cognitif associé à la démence. Le Dr Smith est professeur de neurologie à l’Université de Calgary, où il est titulaire de la chaire Kathy Taylor en démence vasculaire. Il est également clinicien à la clinique de neurosciences cognitives de l’université, où il pose des diagnostics et prodigue des soins aux personnes atteintes de démence vasculaire, ayant subi un AVC et présentant d’autres troubles de la mémoire et de la pensée. Le Dr Eric Smith nous parle depuis Calgary, en Alberta. Docteur Smith, merci de nous aider à défier la démence.
Dr Eric Smith :
Oh, je vous en prie. C’est un plaisir d’être ici.
Jay Ingram :
Docteur Smith, qu’est-ce qui vous a le plus marqué dans le témoignage de Christine?
Dr Eric Smith :
Eh bien, c’est un témoignage remarquable qu’elle raconte avec beaucoup de vivacité. Il illustre bien l’un des deux scénarios dans lesquels on observe une démence vasculaire : celui où une personne a subi un AVC, suivi d’un changement de ses fonctions cognitives, c’est-à-dire de sa mémoire, de sa capacité à réfléchir et d’autres aspects du raisonnement. Le second scénario est celui où il n’y a pas d’antécédents récents d’AVC, mais où la personne présente des symptômes cognitifs. Elle consulte alors un médecin et passe un examen d’imagerie cérébrale qui révèle qu’elle a subi des AVC silencieux ou d’autres lésions vasculaires au cerveau sans même s’en rendre compte. Dans le cas de Christine, c’est le premier scénario. Tout a commencé par un AVC, à la suite duquel elle a retrouvé sa capacité à bouger et à parler, mais certains symptômes ont persisté. Ils sont peut-être moins visibles pour son entourage, mais ils ont tout de même des répercussions considérables. Je suis heureux d’apprendre qu’elle va très bien malgré les séquelles de son AVC et qu’elle fait preuve d’une grande résilience devant ces difficultés.
Allison Sekuler :
Alors, quand on parle de démence vasculaire, qu’est-ce que c’est exactement? Qu’est-ce qui se passe dans le cerveau?
Dr Eric Smith :
Eh bien, la démence est le terme médical utilisé pour désigner des troubles de la mémoire et de la pensée qui entraînent une diminution des capacités, au point où la personne a besoin de l’aide d’autrui. C’est le nom que nous donnons à cet ensemble de symptômes. Il existe ensuite différentes causes, que votre public connaît sans doute très bien, comme la maladie d’Alzheimer. Elle se caractérise par la présence de plaques et d’enchevêtrements dans le cerveau. La démence vasculaire est causée par des troubles de la circulation sanguine ou des hémorragies cérébrales. Les vaisseaux sanguins fonctionnent comme des tuyaux. Les artères acheminent le sang du cœur vers le cerveau, puis les veines ramènent le sang du cerveau vers le reste du corps. Ces tuyaux peuvent se boucher. C’est ce qui se produit lors d’un AVC ischémique : une obstruction, généralement causée par un caillot sanguin, prive une partie du cerveau de sang et l’endommage. L’autre type d’AVC, qui représente environ 10 % des cas, est l’AVC hémorragique. Dans ce cas, les tuyaux se fissurent et du liquide s’en échappe, en l’occurrence du sang. C’est donc aussi ce qu’on appelle aussi un AVC avec saignement. Comme je l’ai dit, c’est le type le moins courant. Ces tuyaux ont aussi d’autres fonctions. Ils servent en quelque sorte à faire circuler des substances vers le cerveau et à en évacuer. Ils jouent notamment un rôle dans l’élimination des déchets toxiques qui s’accumulent dans le cerveau. Beaucoup de gens pensent que le principal problème à l’origine de la maladie d’Alzheimer est l’incapacité à éliminer la protéine bêta-amyloïde, qui s’accumule pour former des plaques, et que le système vasculaire joue un rôle clé dans ce processus. Notre cerveau a besoin d’un apport constant de sang pour fonctionner correctement. Il consomme beaucoup d’énergie et, lorsque cet apport est interrompu, des problèmes de mémoire et de pensée peuvent apparaître et mener à une démence vasculaire.
Jay Ingram :
Il y a un terme : « maladie cérébrovasculaire ». En quoi est-ce différent de la démence vasculaire?
Dr Eric Smith :
La maladie cérébrovasculaire désigne les processus affectant les vaisseaux sanguins. Le mot « cérébral » vient du latin et signifie « cerveau » tandis que « vasculaire » renvoie aux vaisseaux sanguins. Il désigne donc différentes affections pouvant toucher les vaisseaux sanguins, et elles sont assez nombreuses. Cela comprend notamment les effets de l’hypertension artérielle et ce qu’on appelle communément le durcissement des artères. Un autre aspect intéressant du cerveau est que l’apport sanguin n’y est pas constant partout et en tout temps. Il est régulé. C’est un peu comme s’il y avait une série de petites valves : si une partie de votre cerveau travaille davantage, la valve doit s’ouvrir pour que davantage de sang puisse y parvenir. Si vous n’utilisez pas une partie de votre cerveau, elle a besoin de moins d’énergie et la valve se referme légèrement. C’est donc un autre processus qui est perturbé par les maladies cérébrovasculaires et qui, selon nous, est également lié aux problèmes de mémoire et de pensée. Il s’agit simplement d’une modification de la capacité des vaisseaux sanguins à réagir. Ainsi, le débit sanguin vers le cerveau n’est pas régulé correctement, ce qui s’ajoute aux lésions causées par l’ischémie, c’est-à-dire par un manque d’apport sanguin, ou par une hémorragie.
Allison Sekuler :
Quelle est la prévalence de ces maladies cérébrovasculaires dans la population et dans quelle mesure augmentent-elles le risque de développer une démence vasculaire par la suite?
Dr Eric Smith :
Elles sont assez courantes, ce qui explique pourquoi nous devrions tous considérer la santé vasculaire comme faisant partie intégrante de la santé cérébrale. On peut observer les premiers signes, encore asymptomatiques, de ces processus chez de nombreuses personnes âgées. Par exemple, jusqu’à environ 20 % des personnes âgées de plus de 80 ans présentent des signes d’AVC silencieux. Il s’agit d’une petite zone de lésions cérébrales causées par un apport sanguin insuffisant. En radiologie et en médecine, on parle d’infarctus lorsque la lésion est asymptomatique. On peut donc observer des infarctus silencieux, que certains qualifient également d’« occultes », car ils passent inaperçus. En fait, les personnes qui présentent ces anomalies silencieuses obtiennent généralement de moins bons résultats aux tests neuropsychologiques que les autres, même si elles ne présentent aucun symptôme manifeste. Mais nous savons que cela indique que le cerveau est à risque et que la présence de ces anomalies silencieuses est associée à un risque deux à trois fois plus élevé de développer une démence par la suite. Ces anomalies sont très fréquentes chez les personnes âgées. Souvent, elles sont encore asymptomatiques, mais chez certaines personnes, les lésions s’accumulent au fil du temps et entraînent l’apparition de symptômes manifestes. La démence vasculaire pure est à l’origine d’environ 8 à 10 % de tous les cas de démence. Autrement dit, si l’on prend toutes les personnes atteintes de démence, celles qui reçoivent un diagnostic de démence vasculaire pure représentent une minorité. Le diagnostic clinique le plus courant est celui de la maladie d’Alzheimer. Cependant, plus de la moitié des personnes atteintes de cette maladie présentent également des changements vasculaires, et ces deux facteurs ont alors un effet cumulatif sur le fonctionnement du cerveau. Il est donc très fréquent, chez une personne atteinte de démence, de constater que la maladie d’Alzheimer joue un rôle prépondérant, tandis que la maladie cérébrovasculaire joue un rôle secondaire. Nous pensons donc que la prévention et le traitement des maladies cérébrovasculaires permettront non seulement de réduire l’incidence de la démence vasculaire, mais aussi le nombre de personnes présentant des symptômes de la maladie d’Alzheimer.
Jay Ingram :
Docteur Smith, vous avez mentionné qu’il pouvait se produire des événements qui passent inaperçus et dont la personne n’a pas conscience. Christine en a vécu quelques-uns. Existe-t-il un moyen de savoir si des lésions des vaisseaux sanguins se produisent dans le cerveau, même en l’absence de symptômes?
Dr Eric Smith :
L’histoire de Christine n’est pas inhabituelle, même si ce n’est pas non plus la norme. Environ 20 à 25 % des personnes victimes d’un AVC ont auparavant eu des AIT. Le problème, c’est que tout le monde ne consulte pas lorsqu’ils se produisent, car, par définition, les symptômes disparaissent. Ils peuvent durer en moyenne 5 ou 10 minutes, et les gens peuvent se trouver une excuse : « Oh, j’étais peut-être simplement fatigué. Je vais faire une sieste et voir si ça va mieux », etc. Malheureusement, j’entends très souvent ce genre de récit chez les personnes qui ont ensuite subi un AVC. Si les symptômes sont récents il faut certainement consulter, par exemple aux urgences ou dans une clinique sans rendez-vous. On pourrait alors vous faire passer des examens permettant de déceler des causes ou des facteurs de risque traitables d’un AIT. Un médecin pourrait notamment vous recommander de commencer à prendre une aspirine par jour s’il estime que l’AIT a été causé par un caillot sanguin. L’aspirine a un léger effet anticoagulant et constitue un traitement éprouvé pour réduire le risque d’AVC chez les personnes ayant déjà subi un AIT ou un AVC. On devrait également faire un examen d’imagerie des vaisseaux sanguins du cerveau. Il se peut que certains vaisseaux sanguins soient partiellement obstrués par une accumulation de cholestérol, ce qui nécessiterait des interventions. Les médecins disposent donc de nombreux outils pour évaluer la santé vasculaire d’une personne, déterminer si elle présente un risque et trouver des stratégies pour le réduire.
Jay Ingram :
Nous avons mentionné plus tôt que la démence vasculaire est souvent un facteur qui s’ajoute à un autre type de démence, particulièrement à la maladie d’Alzheimer. Dans ce genre de cas, est-ce que l’une contribue à déclencher l’autre, ou surviennent-elles indépendamment l’une de l’autre?
Dr Eric Smith :
C’est une excellente question. Les AVC silencieux et les AVC manifestes, à l’instar des accidents cliniquement symptomatiques observés chez les patients, semblent pour la plupart indépendants de la maladie d’Alzheimer. En revanche, nous savons que la fonction vasculaire, et plus précisément le mécanisme permettant d’éliminer le peptide bêta du cerveau, semble jouer un rôle essentiel dans le développement de la maladie d’Alzheimer. Le système vasculaire est donc très important et semble présenter un certain dysfonctionnement lorsque les gens développent la maladie d’Alzheimer, mais la plupart des personnes atteintes n’ont pas d’antécédents d’AVC. L’une ne dépend donc pas entièrement de l’autre, même si le fonctionnement intégré de l’unité neurovasculaire, qui constitue en quelque sorte l’unité opérationnelle du cerveau, joue un rôle important. Cette unité comprend non seulement les neurones, ces cellules cérébrales qui s’activent et effectuent les calculs, mais aussi les cellules de soutien comme les astrocytes et les vaisseaux sanguins, qui apportent l’énergie nécessaire à son fonctionnement et en évacuent les déchets. Nous savons donc que la composante vasculaire de l’unité neurovasculaire est étroitement liée aux problèmes qui se manifestent dans le cadre de la maladie d’Alzheimer.
Jay Ingram :
Docteur Smith, Christine a expliqué comment elle s’efforce de préserver sa santé cognitive après avoir subi un AVC invalidant. Dans quelle mesure le cerveau est-il capable de se rétablir après un AVC? Je veux dire, y a-t-il un moyen de réduire les dommages qui pourraient continuer à se produire?
Dr Eric Smith :
Oui. Le cerveau présente un phénomène remarquable appelé plasticité : il est capable de changer. C’est notamment ce qui nous permet de comprendre et d’apprendre. Cela signifie que les cellules survivantes peuvent former de nouvelles connexions synaptiques et contribuer à rétablir certaines fonctions perdues. On constate donc souvent une amélioration des fonctions cognitives chez les personnes dont celles-ci ont été affectées par un AVC. Cette récupération peut être plus lente que celle d’une paralysie ou d’autres fonctions et prendre de six à douze mois, mais les possibilités d’amélioration sont nombreuses. Des professionnels de la santé de différents domaines, comme les ergothérapeutes et les neuropsychologues, peuvent évaluer la situation et proposer des stratégies d’adaptation, c’est-à-dire des moyens de vivre le mieux possible malgré les symptômes restants. Par exemple, si la mémoire pose problème, il peut être utile de garder un calendrier sur le réfrigérateur pour noter les rendez-vous à venir. Enfin, après un AVC, un autre objectif est, bien sûr, d’en prévenir un autre. Si vous avez déjà subi un AVC, vous présentez forcément un risque accru d’en subir un autre. Les médecins vont donc évaluer et optimiser les facteurs de risque et peuvent parfois recommander des traitements préventifs, comme l’aspirine.
Allison Sekuler :
Alors, que pouvons-nous faire pour préserver notre santé cérébrovasculaire et réduire notre risque de démence?
Dr Eric Smith :
Eh bien, il n’est jamais trop tard pour commencer, et il y a des choses que l’on peut faire à tout âge pour favoriser la santé du cerveau et maintenir un système vasculaire sain. L’épidémiologie de la démence nous a notamment appris que presque tous les facteurs de risque de la démence sont également des facteurs de risque de maladies cardiaques et d’AVC. Donc, si vous prenez soin de votre santé cardiaque, vous prenez aussi soin de votre santé cérébrale. Cela commence probablement par de nombreux conseils que votre grand-mère vous donnerait pour rester en bonne santé : bien manger, bien dormir, entretenir des relations avec les autres, cesser de fumer, éviter la consommation excessive d’alcool et prendre soin de sa santé mentale autant que de sa santé physique. Cela signifie aussi avoir un médecin de famille. L’une des choses les plus importantes que vous puissiez faire pour préserver la santé de votre cerveau est de faire vérifier votre tension artérielle. Nous avons parlé de phénomènes silencieux ou occultes. Eh bien, l’hypertension artérielle est un excellent exemple d’un problème très facile à mesurer, mais qui ne provoque souvent aucun symptôme jusqu’à ce qu’un événement majeur, comme un AVC ou une crise cardiaque, survienne. Mais on constate également que l’hypertension artérielle est à l’origine de certaines lésions silencieuses visibles sur les IRM et qu’elle constitue une cause majeure de démence vasculaire. Je ne saurais donc trop insister sur l’importance de faire vérifier sa tension artérielle.
Allison Sekuler :
Pour revenir là-dessus, il existe maintenant toutes sortes d’appareils qui permettent de mesurer la tension artérielle à domicile, et les montres intelligentes peuvent aussi faire ce genre de mesure. Dans quelle mesure ces outils à domicile sont-ils utiles par rapport à ceux que l’on trouve chez le médecin?
Dr Eric Smith :
Je pense que c’est un excellent complément, avec toutefois une réserve : bon nombre des algorithmes utilisés dans ces appareils portables ne sont ni totalement sensibles ni totalement précis. Autrement dit, ils peuvent tout de même passer à côté de certains cas d’hypertension artérielle ou d’autres affections. Ils ne remplacent donc pas un médecin de famille ni les examens de dépistage réguliers.
Jay Ingram :
Docteur Smith, je ne mesure pas ma tension artérielle avec une montre ou un autre appareil portable, mais je possède un de ces tensiomètres à domicile équipés d’un brassard, comme ceux qu’on voit chez le médecin. Sont-ils plus fiables?
Dr Eric Smith :
Oui, c’est un excellent appareil à avoir chez soi, et il est plus précis que les montres et les autres appareils portables. L’une des raisons pour lesquelles il est si utile, c’est qu’il permet de mesurer sa tension artérielle à domicile à une heure régulière de la journée. On recommande de le faire le matin. Il suffit de se détendre pendant cinq minutes, puis de mesurer sa tension artérielle. On obtient souvent des valeurs plus proches de sa véritable tension artérielle au repos que celles mesurées chez le médecin, où l’on est souvent stressé par la recherche d’une place de stationnement ou du cabinet. On sait donc que les mesures prises chez le médecin ont souvent tendance à surestimer la tension artérielle. Je recommande toujours à mes patients de se procurer un tensiomètre et, lorsqu’ils viennent me voir, d’apporter les valeurs mesurées par l’appareil, par exemple en les notant dans un journal ou en me les montrant directement sur l’appareil. Je peux alors les comparer aux mesures prises au cabinet. Ils peuvent même apporter leur tensiomètre au cabinet pour vérifier qu’il est bien étalonné par rapport aux appareils utilisés chez le médecin.
Jay Ingram :
Docteur Smith, merci de nous avoir éclairés sur la démence vasculaire et de nous avoir aidés à défier la démence.
Allison Sekuler :
Oui, merci.
Dr Eric Smith :
Merci beaucoup de m’avoir invité.
Jay Ingram :
Le Dr Eric Smith est neurologue à l’Université de Calgary et clinicien à la clinique de neurosciences cognitives de l’université ainsi qu’au Centre Médical de Foothills. Il nous a parlé depuis Calgary.
Allison Sekuler :
Alors, Jay, quelles réflexions t’inspirent tous ces récits et toutes ces informations?
Jay Ingram :
Il y en a beaucoup, mais je crois que ce sont les notions de base qui m’intriguent le plus. Au repos, le cerveau consomme 20 % de l’énergie distribuée à l’organisme par le cœur et la circulation sanguine, alors qu’il ne représente que 2 % du poids corporel. C’est une première chose. L’autre chose qui me frappe vraiment, c’est qu’on parle beaucoup des 14 facteurs de risque pour la démence recensés par The Lancet, et selon leurs estimations, huit d’entre eux, et peut-être même quelques autres, sont en fait liés à l’apport sanguin au cerveau. On parle donc d’un élément central dans l’ensemble du phénomène de la démence. Et toi, que retiens-tu de tout ça?
Allison Sekuler :
Oui, c’est exactement ce que tu disais. Je veux dire, nous l’avons répété à plusieurs reprises : si c’est bon pour le cœur, c’est bon pour le cerveau, parce que c’est bon pour la circulation du sang dans tout l’organisme. Cette interconnexion est vraiment importante. Mais l’autre chose qui me frappe vraiment, et cela vient en partie de la discussion, et en partie de mon expérience personnelle avec mes amis et ma famille, c’est l’idée qu’il peut se passer des choses dans le cerveau sans qu’on s’en rende compte. Il peut y avoir des événements cérébraux ou vasculaires, qu’il s’agisse d’un AVC silencieux ou même d’une embolie pulmonaire. On ne se rend pas toujours compte que ce genre de problème est en train de se produire dans notre corps. On peut se dire : « Oh, je suis peut-être simplement fatigué » ou « C’est peut-être ma jambe, je me suis foulé la cheville. » Mais il pourrait s’agir d’une thrombose veineuse profonde, avec un caillot sanguin qui, là encore, réduit en partie la circulation à cet endroit et pourrait aussi avoir des répercussions en aval. Et le message le plus important à retenir, c’est que si vous avez l’impression que quelque chose ne va pas, consultez un médecin dès que possible. Il existe d’ailleurs un bon moyen mnémotechnique pour reconnaître les signes d’un AVC : il s’agit de l’acronyme « VA VITE ». Le « V » correspond au vertige ou à la perte d’équilibre, le « A » à l’aveuglement ou aux troubles de vision, le « V » à l’affaissement, la déformation ou l’asymétrie du visage, le « I » à l’incapacité à lever les deux bras normalement, le « T » aux troubles de la parole ou de la prononciation, et le « E » est en réalité un appel à l’action. Si vous remarquez l’un de ces signes, chez vous ou chez quelqu’un d’autre, il faut immédiatement composer le 911 pour obtenir des soins médicaux. Avec la médecine moderne, plus vous consultez un médecin tôt, plus celui-ci pourra intervenir efficacement pour limiter les dommages.
Jay Ingram :
Pour en savoir plus sur la manière de renforcer la santé du cerveau et de réduire le risque de démence, ou d’en ralentir la progression, visitez notre site Web, defierlademence.org. Vous y trouverez d’autres épisodes du balado, ainsi que des vidéos, des images infographiques et d’autres ressources.
Allison Sekuler :
Et nous aimerions vraiment avoir votre avis, car en décembre aura lieu notre toute première émission consacrée aux questions des auditeurs de Défier la démence.
Jay Ingram :
Alors, si vous vous êtes déjà demandé, par exemple, quel type d’exercice physique est le meilleur pour la santé du cerveau, ou si vous avez une question sur un autre sujet abordé dans l’émission, envoyez-les-nous, et nous trouverons les réponses. Écrivez-nous à [email protected], en indiquant « Questions » dans l’objet du courriel.
Allison Sekuler :
Notre équipe de production pour ce balado est composée de Rosanne Aleong et Sylvain Dubroqua. La production est assurée par PodTech. La musique a été composée par Steve Dodd. Le dessin pour la page de couverture a été réalisé par Amanda Forbis et Wendy Tilby. Notre rédacteur et réalisateur associé est Ben Schaub.
Jay Ingram :
Nous tenons à remercier la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC pour ses conseils et son aide dans la réalisation de cet épisode. Vous trouverez sur notre site Web des liens vers des renseignements de la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC sur la sensibilisation aux AVC, comme l’a mentionné Allison, ainsi que sur la réduction des risques vasculaires. Comme toujours, un grand merci aux organismes qui ont financé ce balado, la Slaight Family Foundation, le Centre d’innovation sur la santé du cerveau et le vieillissement, et Baycrest.
Allison Sekuler :
Nous vous sommes également très reconnaissants de votre soutien. Alors, n’hésitez pas à vous abonner à Défier la démence, quelle que soit la plateforme où vous écoutez vos balados, et n’oubliez pas de laisser un « J’aime », un commentaire ou une note de cinq étoiles.
Jay Ingram :
Dans le prochain épisode de Défier la démence : Les bienfaits de l’improvisation pour le cerveau. L’improvisation est une forme de théâtre où les artistes inventent sur-le-champ des personnages et des intrigues, sans scénario.
Allison Sekuler :
En fait, je pratique l’improvisation depuis des décennies et j’adore ça : c’est une activité récréative et amusante. Et je peux vous dire, d’après mon expérience personnelle, qu’au moins pour moi, cela stimule le cerveau, réduit le stress et encourage vraiment les gens à créer des liens entre eux. Et ce sont toutes des activités bénéfiques pour la santé du cerveau.
Jay Ingram :
Mais dans quelle mesure l’improvisation pourrait-elle réellement favoriser un vieillissement en santé et améliorer le bien-être et la santé du cerveau? C’est ce que nous allons explorer avec l’aide de quelques artistes d’improvisation, et bien sûr, Allison sera l’un d’entre eux.
Allison Sekuler :
On aura l’improvisation en tête dans le prochain épisode de Défier la démence. Je m’appelle Allison Sekuler.
Jay Ingram :
Et moi, Jay Ingram. Merci d’avoir écouté Défier la démence, et n’oubliez pas : il n’y a pas d’âge pour prendre soin de son cerveau.