Tim Paul :
Quand tu es prête, Romy.
Romy Teperson :
Espace.
Robert E. Daniel :
Astronaute.
Allison Sekuler :
Lumière.
Romy Teperson :
Couleur.
Robert E. Daniel :
Bleu.
Allison Sekuler :
Rouge.
Romy Teperson :
Ciel.
Tim Paul :
Scène. Super. Très bien. C’est tout. C’était parfait. Honnêtement, tout le monde s’en est très bien sorti.
Allison Sekuler :
C’est moi, accompagnée de trois invités spéciaux, et nous participons à un cours d’improvisation. Si je suis là, ce n’est pas uniquement parce que l’improvisation est amusante, mais c’est aussi parce qu’elle pourrait être excellente pour mon cerveau.
Jay Ingram :
Bienvenue à Défier la démence, le balado pour quiconque a un cerveau.
Allison Sekuler :
Défier la démence aborde de nombreux sujets, comme le vieillissement en bonne santé, la réduction du risque de démence et la lutte contre la stigmatisation associée à la démence.
Jay Ingram :
Aujourd’hui à l’émission, nous allons nous intéresser au théâtre d’improvisation, ou simplement à l’« impro ». Que vous pensiez que l’improvisation est faite pour vous ou non, cette émission sera à la fois amusante et intéressante, car de plus en plus de données montrent que l’improvisation est bénéfique pour le cerveau et le bien-être.
Allison Sekuler :
Je m’appelle Allison Sekuler. Je suis présidente et scientifique en chef à l’Académie de recherche et d’éducation Baycrest et au Centre d’innovation sur la santé du cerveau et le vieillissement.
Jay Ingram :
Je m’appelle Jay Ingram. Je suis journaliste scientifique. J’ai consacré la majeure partie de ma carrière à écrire sur le cerveau et à en parler.
Allison Sekuler :
Joignez-vous à nous pour défier la démence. Parce qu’il n’y a pas d’âge pour prendre soin de son cerveau.
Jay Ingram :
Quand les gens entendent le mot « impro », on peut dire sans risque de se tromper que beaucoup pensent à la comédie. Et de fait, l’improvisation a été le tremplin vers la célébrité pour de nombreux grands comédiens de notre époque, notamment Catherine O’Hara, Eugene Levy, Stephen Colbert et Amy Poehler, pour n’en citer que quelques-uns.
Allison Sekuler :
Mais c’est bien plus que de la comédie. Plus généralement, on peut considérer l’improvisation comme une forme de théâtre où les acteurs créent et réagissent sur le moment avec d’autres personnes, sans scénario ni plan préétabli : ils inventent au fur et à mesure. Ce n’est pas nécessairement drôle, mais ça l’est souvent.
Jay Ingram :
Elle peut être pratiquée sur scène par des professionnels, mais pour beaucoup de gens, c’est aussi une activité de loisir. Comme pour Allison.
Allison Sekuler :
Oui, j’adore ça. Je fais de l’improvisation depuis des décennies, non seulement parce que ça me rend heureuse, mais aussi parce que je pense que ça m’enseigne des compétences utiles dans la vie. L’improvisation nous apprend à écouter, à nous adapter, à communiquer et à résoudre des problèmes, le tout dans l’instant.
Jay Ingram :
C’est pourquoi certains scientifiques commencent à étudier l’improvisation comme une activité sociale et cognitive qui pourrait avoir des effets bénéfiques sur la santé du cerveau et le bien-être. Plus tard dans l’émission, vous ferez la connaissance de l’une des pionnières de ces recherches. Mais avant cela, nous vous avons préparé un cours pas comme les autres. Et par « cours pas comme les autres », j’entends un cours d’improvisation virtuel. Nous en avons enregistré des extraits spécialement pour cet épisode de Défier la démence. Allison, c’est toi qui as organisé le cours et y as participé. Peux-tu nous en dire un peu plus?
Allison Sekuler :
Oui, bien sûr. Pour animer le cours, nous avons invité l’un de mes derniers professeurs d’improvisation. Il s’appelle Tim Paul et c’est un improvisateur extrêmement accompli. Il s’est produit dans de célèbres théâtres d’improvisation, notamment Second City, l’Annoyance Theater à Chicago et l’IO, et il donne des cours d’improvisation partout dans le monde. Dans ce cours, vous entendrez donc Tim, moi-même et deux autres improvisateurs avec lesquels j’ai travaillé. Ce sont des camarades de classe que j’ai connus lors de cours précédents animés par Tim. Comme vous allez l’entendre, certains d’entre eux sont de véritables globe-trotters. Les voici maintenant qui se présentent.
Tim Paul :
D’accord. Je vais commencer. Je m’appelle Tim Paul. Je suis actuellement à Belgrade, en Serbie.
Romy Teperson :
Bonjour, je m’appelle Romy Teperson et je suis actuellement à Sydney, en Australie.
Robert E. Daniel :
Bonjour, je m’appelle Robert E. Daniel. On m’appelle Red et je suis à Atlanta, en Géorgie.
Allison Sekuler :
Comme vous le savez, je m’appelle Allison Sekuler et je suis actuellement à Hamilton, en Ontario.
Tim Paul :
Parfait. Je vous propose de commencer par un petit échauffement sous la forme d’un jeu de mots logique.
Allison Sekuler – Narration :
Pour commencer, nous avons fait plusieurs versions de l’échauffement dont Tim nous a parlé, appelé « jeu de mots ». Dans cette version, chaque joueur dit un mot à tour de rôle, puis le joueur suivant en dit un autre. Le but est de dire le premier mot qui vous vient à l’esprit. Ne réfléchissez pas trop. Laissez simplement les mots sortir. Vous entendrez peut-être Tim intervenir soudainement en disant « scène ». Dans ce cas, c’est sa façon de dire « stop », afin que nous puissions discuter de ce qui vient de se passer.
Tim Paul :
Quand tu es prête, Romy.
Romy Teperson :
Espace.
Robert E. Daniel :
Astronaute.
Allison Sekuler :
Lumière.
Romy Teperson :
Couleur.
Robert E. Daniel :
Bleu.
Allison Sekuler :
Rouge.
Romy Teperson :
Ciel.
Robert E. Daniel :
Océan.
Allison Sekuler :
Eau.
Romy Teperson :
Éléments.
Robert E. Daniel :
Air.
Allison Sekuler :
Brouillard.
Romy Teperson :
Lourd.
Tim Paul :
Scène. Super. Très bien. C’est tout. C’était parfait. Honnêtement, tout le monde s’en est très bien sorti.
Jay Ingram :
Alors, Allison, c’est vraiment assez curieux et intéressant, parce que je suivais l’exercice. J’essayais de trouver mes propres mots. Ils étaient très différents de ceux qui ont été prononcés. Quel est l’intérêt de faire ce jeu de mots?
Allison Sekuler :
En fait, c’est simplement pour commencer à réfléchir à ce que signifie vivre l’instant présent, sans tout planifier. On ne peut pas savoir ce que la personne avant nous va dire. Il faut donc être prêt à tout et simplement suivre ce qui nous vient à l’esprit. Il s’agit vraiment de se libérer, de laisser son esprit s’assouplir et de se laisser aller. Et si, dans ce genre d’exercices, vous écoutez ce que les gens disent encore et encore, vous commencez à comprendre comment fonctionne leur cerveau. Idéalement, lorsque l’on travaille en groupe, on cherche à atteindre une sorte de fusion mentale, où tout le monde finit par avoir en quelque sorte la même façon de penser, ce qui permet de travailler ensemble plus efficacement.
Jay Ingram :
Et ensuite?
Allison Sekuler :
Oui. Ensuite, nous allons faire un exercice basé sur le principe fondamental de l’improvisation, « Oui, et » qui signifie simplement qu’on accepte l’idée centrale d’une proposition, mais qu’on y ajoute aussi quelque chose qui s’intègre de manière cohérente. Tim appelle cet exercice « C’est ce qu’on a dit ».
Jay Ingram :
Allison, pourquoi l’appelle-t-il comme ça?
Allison Sekuler :
Il s’appelle comme ça parce que, dans ce genre de scène, chacun écrit de son côté une réplique, sans montrer à l’autre ce qu’il a écrit. Pour cet exercice, Tim m’a demandé à moi, ainsi qu’à Romy, d’écrire chacune les deux premières répliques d’une scène. Nous n’avons aucune idée de ce que l’autre a écrit. Nous les écrivons dans une fenêtre de discussion, mais nous ne les envoyons pas tant que Tim ne nous donne pas le signal. Ensuite, nous devons faire entrer ces deux réalités qui s’opposent dans une seule scène qui, d’une manière ou d’une autre, fonctionne. C’est donc de là que vient le nom de l’exercice : « C’est ce qu’on a dit ». Elle dit une chose, je dis quelque chose de différent, et nous devons faire fonctionner les deux ensemble. Voici Tim qui explique pourquoi cet exercice est important.
Tim Paul :
On part du principe qu’il faut tout accepter avec un « Oui, et » : dire oui à la réalité. C’est une forme d’acceptation radicale : on accepte que ce que l’autre vient de dire est réel pour le moment, pour les quelques minutes qui suivent. D’accord? Alors, à trois, je vais dire « Envoyez ». Et Romy, je veux que tu entres directement dans la scène. D’accord. Un, deux, trois, envoyez!
Romy Teperson :
Tori, j’essaie de t’encourager dans ta nouvelle aventure, mais mes cheveux sont devenus violets.
Allison Sekuler :
Je suis tellement contente qu’on ait décidé de laisser l’IA organiser toute notre lune de miel, Toni.
Romy Teperson :
Ce n’est pas génial qu’on s’appelle Tori et Toni?
Allison Sekuler :
Si, c’est adorable. Mais je pense qu’on n’aurait peut-être pas dû laisser l’IA choisir la couleur de tes cheveux.
Romy Teperson :
C’est ce qui arrive quand on laisse l’IA prendre trop de décisions dans nos vies.
Allison Sekuler :
Oui. J’aime vraiment que tu fasses confiance à ce projet, cette organisation de notre lune de miel par l’IA, et que tu acceptes de le tester sur nous pour cette première expérience. C’est ce que j’aime chez toi. Tu es prête à prendre ce genre de risques pour moi.
Romy Teperson :
Je ferais n’importe quoi pour toi, tu le sais bien. C’est d’ailleurs pour ça que je suis même allée jusqu’à laisser l’IA choisir nos nouveaux prénoms, Tori et Toni : je voulais que nos prénoms soient presque identiques pour me sentir plus proche de toi.
Allison Sekuler :
Presque. Et je trouve ça tellement mignon que tu aies appelé l’IA « Tobi ».
Romy Teperson :
Pour rester dans le thème.
Tim Paul :
Scène. Super. D’accord. Alors, avant de vous dire ce que j’ai aimé, qu’est-ce que vous en avez pensé, toutes les deux?
Allison Sekuler :
Quand j’ai vu « Tori », j’ai éclaté de rire moi aussi. Pour ceux qui ne verront pas ce que nous avons écrit, elle m’a appelée Tori, T-O-R-I, dans sa première réplique. Et je l’ai appelée T-O-N-I, Toni, lors de ma réplique. Donc, les deux se terminent par un « i ». C’était assez drôle.
Tim Paul :
Oui. Et ce que j’adore, c’est qu’en quelques répliques seulement, on a été plongés dans cet univers. C’est ça que j’aime dans cette approche : quand on ne se soucie pas trop de ce que l’autre va dire et qu’on arrive simplement dans la scène en se disant qu’on a juste besoin de quelques idées, il peut se passer des choses formidables. C’était fantastique. Très bien. J’adore cet exercice parce qu’on tombe vraiment sur des prémisses très amusantes.
Jay Ingram :
Allison, j’ai en fait une réaction sans doute un peu trop simpliste à ce sujet. Vous n’en avez pas vraiment parlé à ce moment-là, mais bien sûr, le contraire consiste à dire « non » et à faire obstacle à la conversation. Mais si l’on repense à ce que nous avons dit par le passé au sujet des proches aidants, de la manière d’entretenir une conversation et de maintenir l’engagement d’une personne dont on s’occupe, la technique « Oui, et » est parfaite. Parce que, dans bien des situations, la direction que prend la conversation n’a pas vraiment d’importance. Le plus important, c’est de maintenir la conversation. Et c’est ce que j’aime dans cet exercice. Et toi?
Allison Sekuler :
Oui. Si tu t’occupes d’une personne atteinte de démence, tu dois souvent composer avec le fait que tu peux commencer une conversation d’une certaine manière, puis que la personne te répond en parlant de quelque chose qui n’a absolument aucun rapport. Il se peut même que, dans son esprit, elle ne soit pas dans la même époque que toi. Elle peut avoir l’impression d’être 20 ans dans le passé. Tu peux lui dire : « Tiens, maman, voilà tes lasagnes. » Et elle peut répondre quelque chose comme « Papa a encore fait ça », alors que papa n’est peut-être même plus là. Nous en avons déjà parlé : il faut trouver comment entrer dans le monde de l’autre personne sans ériger ces barrières. En improvisation, on appelle cela un « blocage », lorsqu’une personne met ce genre de barrières. Mais c’est parfois amusant de voir si, volontairement, on peut réussir à faire fonctionner ensemble des idées très différentes.
Jay Ingram :
Okay, Allison. Je veux en entendre davantage.
Allison Sekuler :
D’accord. Pour le prochain exercice, on va pousser un peu plus loin ce défi de flexibilité cognitive en y ajoutant des émotions. Cette fois, une personne lancera une scène. Elle saura donc à l’avance ce qu’elle va dire. L’autre personne aura choisi en secret une émotion parmi une liste d’émotions possibles. Elle devra garder cette émotion à l’esprit lorsqu’elle répondra à la première réplique. La personne qui répond ne sait pas ce que l’autre va dire et celle qui lance la scène ne connaît pas l’émotion choisie. Là encore, elles doivent essayer de faire fonctionner ces deux éléments ensemble. L’émotion sera révélée par la suite, lors de la discussion qui suit l’exercice. Voici donc Tim qui donne ses consignes à Romy et Red avant une scène. Cette fois, c’est Red qui lancera la scène, et Romy aura choisi une émotion à l’avance.
Tim Paul :
Alors, quand vous lancez la scène dans cet exercice, amusez-vous. Vous pouvez dire ce que vous voulez. Et pour cet exercice en particulier, essayez vraiment de rendre votre réplique personnelle. Pensez à quelque chose que vous pourriez dire et qui, une fois prononcé, ferait ressentir quelque chose à votre partenaire de scène, pour le meilleur ou pour le pire. Vous voulez donc que cette réplique agisse presque comme un déclencheur, d’accord? Tu es prête?
Romy Teperson :
Je suis prête.
Tim Paul :
Red, tu as ta première réplique?
Robert E. Daniel :
Oui, c’est bon.
Tim Paul :
Transmets une information qui provoquera une forte réaction émotionnelle.
Robert E. Daniel :
C’est bon.
Tim Paul :
Vous pouvez commencer
Robert E. Daniel :
Salut Gino. Il fallait absolument que je vienne te voir. Tu es la première personne, mon plus vieil ami, à qui je voulais annoncer que j’ai gagné au Lotto Max.
Romy Teperson :
Non, Tony. Tu n’as pas gagné.
Robert E. Daniel :
Bien sûr que si. Je joue à ça depuis 20 ans. Et je te l’avais dit au secondaire : si jamais je gagnais, tu serais le premier à le savoir.
Romy Teperson :
Tony, ça va te monter à la tête. Je ne sais même plus quoi faire de toi.
Robert E. Daniel :
De quoi tu parles? Je me suis acheté une de ces nouvelles Lamborghini.
Romy Teperson :
Je sais. Et ce n’est que le début. Tu vas encore déménager sur une île et ça va devenir complètement incontrôlable.
Robert E. Daniel :
Eh bien, j’ai tout prévu. Je reste à Staten Island et j’achète toute l’île.
Romy Teperson :
Attends, tu vas acheter Staten Island?
Robert E. Daniel :
Oui. Et tu pourras venir avec moi.
Tim Paul :
Scène. Super. Quelle émotion avais-tu choisie, Romy?
Romy Teperson :
La tristesse.
Tim Paul :
D’accord. J’adore l’idée de l’ami qui est triste pour son ami qui vient de gagner à la loterie. Excellent.
Allison Sekuler :
Dans l’extrait suivant, on va ajouter encore plus d’émotions. Red et Romy vont donc devoir, comme on dit, réimproviser la scène. Ils doivent conserver les mêmes grandes étapes de l’histoire, ou ce qu’on appelle les « temps forts » de la scène. Mais Romy a secrètement choisi trois émotions différentes parmi celles qui sont possibles. Elle cherche à repérer, dans ce qui se passe, des déclencheurs qui lui permettront de passer d’une émotion à l’autre au fil des différents temps forts de la scène. Je le répète, personne d’autre ne connaît les émotions qu’elle a choisies. Et c’est intéressant d’essayer de sentir à quel moment les émotions changent.
Tim Paul :
Pour cette impro, je veux simplement m’assurer qu’on fait de notre mieux pour reprendre les mêmes temps forts.
Robert E. Daniel :
Reprendre les mêmes rythmes. Oui.
Tim Paul :
Oui. Quand tu es prêt.
Robert E. Daniel :
Gino, Gino, Gino, j’ai une nouvelle à t’annoncer. J’ai enfin gagné au Lotto Max, et comme tu es mon meilleur ami, tu es le premier à le savoir.
Romy Teperson :
Oh, tant mieux pour toi, Tony. Tu as gagné au Lotto Max. Quoi? Alors, tu vas partir, devenir riche, et ne rien partager avec ton meilleur ami?
Robert E. Daniel :
Qu’est-ce que tu racontes? Qu’est-ce que tu racontes? Je partage avec toi, là, maintenant. On travaille là-dessus depuis longtemps. J’essaie de faire ça depuis 20 ans.
Romy Teperson :
Oui, je sais.
Robert E. Daniel :
Depuis le secondaire, on se disait qu’on allait gagner.
Romy Teperson :
Oui, je sais. On avait un pacte, mais tu sais quoi? Dans ma tête, c’était moi qui allais y arriver en premier, d’accord? Et voilà que tu l’as fait avant moi, peu importe.
Robert E. Daniel :
Eh bien, devine quoi? Je suis arrivé le premier parce que je viens d’arriver ici au volant d’une Lamborghini, ma nouvelle Lamborghini.
Romy Teperson :
Oh, ta Lamborghini de luxe. Tant mieux pour toi.
Robert E. Daniel :
Qu’est-ce que tu racontes? Je veux dire, je suis là. J’essaie de bien faire. J’ai acheté une voiture. Je vais acheter Staten Island.
Romy Teperson :
Eh bien, je peux venir?
Robert E. Daniel :
Laisse-moi y réfléchir. Avec cette attitude, je ne sais pas trop.
Romy Teperson :
Je suis désolée. Je ne voulais pas dire ça à propos de ton attitude. Tu es mon meilleur ami, tu es mon seul ami. Et je ne veux simplement pas que tu ailles acheter Staten Island sans que je sois là avec toi.
Robert E. Daniel :
C’est vrai. J’ai bien dit « on ».
Tim Paul :
Scène. Super. Merveilleux. Romy, quelles étaient vos émotions à ce moment-là?
Romy Teperson :
La jalousie, la solitude et l’émerveillement.
Tim Paul :
Quel beau mélange d’émotions! Merveilleux. Très bien. Voilà donc notre petit exercice de retour en arrière émotionnel. Qu’en avez-vous pensé?
Romy Teperson :
Oui, j’adore cet exercice. Il vous donne d’emblée une certaine perspective, ou un point de vue. À partir de là, littéralement, quoi qu’on vous propose, vous partez de ce point de vue.
Tim Paul :
Oui. Je trouve que c’est une bonne façon de rappeler aux gens que leur perception peut changer au cours d’une improvisation. Si votre partenaire fait un choix qui justifie naturellement un changement, saisissez cette occasion. C’est un bon exercice pour vous montrer que, oui, vous pouvez ressentir les choses différemment, même s’il ne s’agit que d’une scène de trois minutes.
Jay Ingram :
Alors, Allison, il se passe plusieurs choses ici. D’un côté, l’improvisation reste de l’improvisation : on invente les choses au fur et à mesure, sans les avoir préparées. Mais en même temps, on y met aussi de la préparation et de la réflexion, par exemple lorsqu’on choisit trois émotions entre lesquelles on va passer tout en réagissant à ce qui se passe. Je suppose donc que la question est la suivante : est-ce très difficile à faire?
Allison Sekuler :
Non, je ne pense pas. Je pense que c’est quelque chose que tout le monde peut apprendre à faire. Il faut simplement de la pratique. Et l’un des grands avantages de ce genre de cours, qui se multiplient partout dans le monde, est qu’ils offrent un espace où l’on peut se tromper sans risque. Tout le monde peut-il devenir une Amy Poehler ou une Tina Fey? Non, probablement pas. Mais tout le monde peut faire de l’improvisation, y prendre du plaisir et en tirer de nouvelles choses.
Jay Ingram :
Notre prochaine invitée a suivi notre cours d’improvisation. La docteure Kristin Krueger est une pionnière de la recherche sur le potentiel de l’improvisation à favoriser un vieillissement en bonne santé et la santé du cerveau. Elle est neuropsychologue et chercheuse au Rush University Medical Center de Chicago. Elle est également clinicienne au Cook County Health, où elle évalue et accompagne des personnes atteintes de troubles de la mémoire, de démence et d’autres troubles cognitifs. Ses recherches portent notamment sur l’essai novateur POINTER aux États-Unis, qui cherche à déterminer si des changements de mode de vie peuvent contribuer à protéger la santé du cerveau à mesure que nous vieillissons. Elle a également animé de nombreux ateliers d’improvisation destinés aux personnes âgées. Kristin Krueger nous parle depuis Chicago. Docteure Krueger, merci de nous aider à défier la démence.
Dre Kristin Krueger :
Merci de m’avoir invitée. Je suis très heureuse de parler d’improvisation.
Jay Ingram :
Alors, Docteure Krueger, qu’avez-vous retenu du cours d’improvisation en ligne?
Dre Kristin Krueger :
Oh, c’était vraiment très amusant. Il y avait tellement de choses à retenir, mais ce que j’ai préféré, c’est le principe du « Oui, et ». Il y avait notamment un exercice appelé « C’est ce qu’on a dit ». Les participants devaient donner du sens à ce qui était dit, ou accepter l’absurdité de ce qui était dit. J’ai également trouvé le lien qui a été fait avec les proches aidants tout simplement brillant. C’est particulièrement important lorsqu’on parle à une personne avec un trouble cognitif, mais c’est aussi très pertinent dans la vie de tous les jours. On fait des hypothèses sur ce que les gens veulent dire ou ne veulent pas dire, et on tire des conclusions hâtives. Alors, le simple fait d’accepter que ce que nous entendons ait une certaine logique me semble formidable.
Allison Sekuler :
Nous voulons parler de vos recherches, mais tout d’abord, comment en êtes-vous venue à faire de l’improvisation?
Dre Kristin Krueger :
J’ai suivi un cours en 2006, et j’aime à dire que c’est mon amie Vicki et Alan Alda qui m’ont conseillé de le faire. Je suis allée à une séance de dédicaces. Alan Alda venait de publier son livre Never Have Your Dog Stuffed. Il est venu à Chicago et il y avait 400 personnes. Quelqu’un lui a demandé : « Quelle est l’une des choses les plus importantes que vous ayez apprises dans la vie? » Et il a répondu : « Eh bien, j’ai suivi un cours d’improvisation. » Et je me suis dit : « Ah. »
Allison Sekuler :
C’est donc Alan Alda qui vous a poussée à vous lancer.
Dre Kristin Krueger :
C’est Alan Alda qui m’y a poussée.
Allison Sekuler :
Et comment l’improvisation est-elle devenue une partie de votre travail?
Dre Kristin Krueger :
Quand j’ai suivi mon premier cours, j’étais au niveau A de Second City et j’ai immédiatement pensé : « Wow, c’est génial. » Et aujourd’hui, je sais que mon expérience n’était pas unique. Beaucoup de gens ressentent la même chose. À l’époque, je travaillais dans une clinique du quartier Logan Square, à Chicago. J’animais des groupes. Alors je me suis dit que j’allais essayer certains de ces exercices avec les membres de mon groupe. Il s’agissait d’un groupe de femmes hispanophones âgées d’environ 20 à 70 ans. Et c’était amusant. Les participantes se sont ouvertes et ont raconté des choses qu’elles n’auraient normalement pas dites. C’est ainsi que tout a commencé, et j’utilise l’improvisation depuis.
Jay Ingram :
Pouvez-vous nous expliquer votre démarche? Comment avez-vous étudié scientifiquement les effets de l’improvisation?
Dre Kristin Krueger :
Dans l’ensemble, je travaille avec des groupes, j’anime des ateliers et j’en discute avec d’autres personnes. J’ai eu la chance de mener quelques études que j’ai déjà publiées. L’une d’elles, réalisée en 2017, portait sur des patients du Cook County Health. C’était une étude très simple. Je voulais simplement savoir si, après quatre semaines d’improvisation, on constaterait une amélioration de l’humeur et une diminution de l’anxiété. Par amélioration, j’entends une baisse de l’anxiété et une meilleure perception de soi. Nous avons observé des signes et des données allant en ce sens. C’est donc une première façon de procéder. Plus récemment, nous avons publié un article dans lequel nous avons réuni des neuropsychologues et des étudiants en neuropsychologie, pour la plupart sans aucune expérience de l’improvisation. Je leur ai fait faire une série d’exercices d’improvisation et je leur ai demandé d’évaluer quelles fonctions cognitives étaient sollicitées par ces exercices. Toute personne qui pratique l’improvisation sait qu’elle sollicite activement son cerveau. Nous avons constaté que, dans l’ensemble, les participants estimaient que leur cerveau était sollicité comme prévu par les exercices. Et il l’était bel et bien : la charge cognitive était élevée. L’article que nous avons publié l’année dernière montre donc essentiellement qu’un groupe d’experts considère que l’improvisation est bénéfique pour le fonctionnement des fonctions cognitives.
Allison Sekuler :
Et plus précisément, selon vous, en quoi l’improvisation est-elle bénéfique pour la santé du cerveau?
Dre Kristin Krueger :
Si je devais donner trois exemples de ses bienfaits, je dirais d’abord qu’elle réduit les inhibitions. Et quand on réduit nos inhibitions, on peut accéder à toutes sortes de ressources remarquables dans notre cerveau. L’environnement bienveillant qui se crée pendant une séance d’improvisation et l’idée qu’on peut faire une erreur sans que ce soit grave ou que ce qu’on dit ne peut pas vraiment être considéré comme une erreur sont très importants. Deuxièmement, selon l’exercice, on fait beaucoup de choses différentes en improvisation. On change de cadre mental, on crée de nouvelles idées.
Allison Sekuler :
Quand vous dites qu’on change de cadre mental, qu’est-ce que cela signifie?
Dre Kristin Krueger :
On suit une trame narrative, puis on doit changer de direction et en suivre une autre. Cela peut prendre de nombreuses formes. Revenons au cours que j’ai observé. Quand quelqu’un entend pour la première fois deux éléments ou répliques qui ne sont pas liés, sa première réaction est de se dire : « Ça n’a aucun rapport. ». Mais ensuite, on se dit : « Non. Notre travail, c’est de trouver un lien entre les deux et de les relier. » On passe donc de l’idée qu’ils ne sont pas liés à l’idée qu’il faut trouver un moyen de les relier. Troisièmement, je pense que l’aspect omniprésent de l’improvisation en groupe est qu’elle constitue une forme d’engagement social qui aide les gens à se sentir liés aux autres. Que ce soit le simple bien-être ressenti après des interactions positives avec d’autres personnes, ou la possibilité de s’attaquer à quelque chose de beaucoup plus profond, comme la solitude, c’est bénéfique pour notre bien-être général et notre cerveau.
Jay Ingram :
Docteure Krueger, ce dernier exemple, celui de l’interaction sociale et de la réduction de la solitude, correspond très bien à la liste des facteurs de risque de démence établie par la Commission Lancet. Y en a-t-il d’autres auxquels l’improvisation pourrait s’attaquer et qui correspondraient à ces facteurs de risque?
Dre Kristin Krueger :
Oui. L’un de mes principaux domaines de recherche est la dépression. La recherche sur l’improvisation est encore en plein développement et nous ne disposons donc pas encore d’un ensemble très vaste de travaux scientifiques sur le sujet. Mais, comme je l’ai mentionné, beaucoup d’entre nous peuvent constater que l’improvisation modifie l’humeur sur le moment. Nous avons également observé des signes indiquant que l’improvisation pourrait être bénéfique pour l’humeur. Elle peut donc certainement contribuer à lutter contre la dépression, ce qui est très bon pour le cerveau.
Allison Sekuler :
Alors, dans quelle mesure les données sont-elles solides pour penser que l’improvisation elle-même pourrait réduire le risque de démence?
Dre Kristin Krueger :
Oh, les données sont très limitées pour l’instant. Cela n’a pas encore été suffisamment démontré. C’est un domaine qui est encore à l’étude.
Jay Ingram :
Docteure Krueger, d’après le travail que vous avez réalisé sur l’improvisation avec différentes personnes, y a-t-il des exercices d’improvisation qui, selon vous, sont particulièrement efficaces pour stimuler les capacités cognitives?
Dre Kristin Krueger :
Je pense qu’il faut varier les activités. Ce que j’ai constaté, c’est que chacun possède des capacités très variées et réagit différemment à ce qui lui est proposé. Il peut y avoir une dimension physique, ou encore des exercices qui sollicitent la mémoire ou les capacités verbales ou non verbales. J’ai aussi appris que la personne qui anime l’activité, sa façon de présenter les choses et l’enthousiasme qu’elle manifeste sont, honnêtement, peut-être tout aussi importants que l’activité elle-même.
Allison Sekuler :
Tout à fait. Oui. Défier la démence, c’est avant tout proposer des moyens concrets de préserver la santé du cerveau. Et certains de nos auditeurs se disent peut-être : « Oh, l’improvisation, ce n’est vraiment pas pour moi. » Pensez-vous que l’improvisation est faite pour tout le monde?
Dre Kristin Krueger :
Je vois l’improvisation un peu comme la danse. Toute personne qui le souhaite peut danser. Toute personne qui veut faire de l’improvisation peut en faire. Je vais vous raconter une anecdote. Il y a quelques semaines, j’ai animé un groupe dans une bibliothèque municipale. À la fin, nous avons fait un tour de table et demandé : « Qu’avez-vous retiré de ce cours? Qu’avez-vous aimé? Qu’est-ce qui vous a marqué? » L’une des femmes a répondu : « Je n’aime pas être dans ce genre d’environnement. J’ai failli partir, mais je suis restée. » Elle en a eu les larmes aux yeux et s’est mise à pleurer. Elle a ajouté : « Mais je me suis sentie soutenue et je suis tellement heureuse d’avoir osé me lancer et d’avoir suivi le cours jusqu’au bout. » Elle a participé autant que les autres. On peut faire une analogie avec l’activité physique : ce que vous aimez le moins – Est-ce les étirements? Le fait de soulever des haltères? La course? – est peut-être justement ce dont vous avez le plus besoin.
Jay Ingram :
C’est peut-être la réponse à la question que j’allais poser, mais je vais quand même la poser. Pour les personnes qui pensent ne pas s’intéresser à l’improvisation, y a-t-il malgré tout des enseignements qu’elles pourraient en tirer et qui pourraient leur être bénéfiques?
Dre Kristin Krueger :
Absolument. Je pense que tout le monde peut tirer quelque chose de l’improvisation, qu’on la pratique ou que l’on se renseigne simplement à ce sujet. En fin de compte, les possibilités sont infinies. On peut y apprendre des choses simples et concrètes, mais aussi des choses plus profondes, comme comprendre ce que l’on ressent quand quelqu’un dit quelque chose ou admettre qu’on ne comprend pas toujours complètement les motivations d’une personne avant d’avoir cherché à aller plus loin. Je pense que tout le monde peut apprendre quelque chose de l’improvisation.
Allison Sekuler :
Justement, ce dernier point nous ramène en quelque sorte aux proches aidants. Dans le cours d’improvisation que nous avons présenté tout à l’heure, nous avons évoqué la manière dont l’improvisation peut aider les proches aidants. Qu’ajouteriez-vous à cela?
Dre Kristin Krueger :
Je pense que les proches aidants accomplissent l’une des tâches les plus difficiles qui soient, surtout quand il s’agit d’un membre de leur famille. Et l’improvisation est formidable pour la raison même que vous avez évoquée dans le cours. Souvent, ils doivent faire face à une situation qui, sur le moment, n’a tout simplement aucun sens pour eux. Et je pense que le plus grand bénéfice, c’est justement de pouvoir lâcher prise. Il y a eu quelques tentatives pour utiliser l’improvisation avec les proches aidants, et certains programmes ont donné de bons résultats. J’ai vu des exercices très généraux qui offrent simplement un moment de détente et une occasion de rire. Et j’ai même vu des exercices très ciblés qui aident à comprendre à quel point la situation peut être douloureuse pour la personne atteinte de démence. Je pense qu’une combinaison des deux est idéale.
Allison Sekuler :
Oui. Et vous donnez des cours d’improvisation, mais vous pratiquez aussi vous-même. Comment pensez-vous que l’improvisation a amélioré vos capacités cognitives et votre bien-être?
Dre Kristin Krueger :
Cela m’a aidée à surmonter des épreuves dans ma vie. Il y en a eu plusieurs. Ça a donc renforcé ma pratique de thérapie cognitivo-comportementale : regarder les choses sous un autre angle, aller de l’avant et s’autoriser à dire : « Bon, ça ne s’est pas passé comme tu le voulais. Ce n’est pas la fin du monde. Il faut continuer d’avancer. » Mais ce qui est le meilleur enseignement, et le plus important pour moi, en tant que parent comme dans mes relations avec les autres, c’est toute cette idée d’être dans le même bateau. Quand quelqu’un vous dit quelque chose, au lieu de résoudre le problème, contentez-vous d’être dans le même bateau. Vous êtes triste à cause de ça? Moi aussi. N’essayez pas de trouver une solution. Je pense que c’est l’un des plus beaux cadeaux que l’improvisation m’a offerts, et je suis tellement heureuse de l’avoir appris.
Jay Ingram :
Kristin, c’était formidable de vous entendre utiliser l’improvisation pour nous transmettre autant de précieux conseils, à nous tous qui nous intéressons à la démence et l’accompagnement des personnes atteintes de cette maladie. Merci beaucoup.
Allison Sekuler :
Merci.
Dre Kristin Krueger :
Merci beaucoup de m’avoir invitée.
Jay Ingram :
La docteure Kristin Krueger est neuropsychologue et chercheuse au Rush University Medical Center de Chicago. Elle est aussi clinicienne au Cook County Health. Elle nous a parlé depuis Chicago.
Allison Sekuler :
Alors, Jay, qu’en penses-tu?
Jay Ingram :
Eh bien, je vais faire quelque chose qu’il ne faut jamais faire dans une entrevue : te poser deux questions en même temps.
Allison Sekuler :
D’accord.
Jay Ingram :
Tu fais beaucoup d’improvisation. J’aimerais savoir ce que l’improvisation t’apporte. Et sait-on, de manière objective, quels types d’improvisation ou quelles techniques pourraient être les plus bénéfiques pour préserver les fonctions cognitives?
Allison Sekuler :
Oui. J’essaie de me rappeler quelles étaient les deux questions. C’est d’ailleurs l’une des choses que l’on fait en improvisation : il faut se souvenir de ce qui s’est passé dans une scène. Il peut s’y passer beaucoup de choses. Pour ma part, j’ai certainement appris à mieux réfléchir sur-le-champ, parce que l’imprévu, ça arrive tout le temps. J’ai appris à écouter activement et à réfléchir à la réponse la plus pertinente pour la personne en face de moi. Mais j’ai aussi appris à me demander comment se faire de nouveaux amis en vieillissant. On entre dans un univers où, dans ces cours, on se retrouve avec un groupe de personnes avec lesquelles on a d’emblée quelque chose en commun. C’est donc un excellent moyen de développer son réseau social, mais aussi de créer des liens entre les générations, car on y rencontre souvent des gens venus du monde entier et de tous âges. On peut vraiment apprendre énormément de choses sur des personnes très différentes. Et pour moi, c’est aussi un excellent moyen d’évacuer le stress. Je peux dire et faire des choses dans ces mondes imaginaires que je ne pourrais tout simplement pas dire ou faire dans la vie de tous les jours. Donc, pour moi, l’improvisation répond vraiment à tous ces critères. En résumé, elle rejoint tout ce dont on parle dans le cadre du balado.
Jay Ingram :
Et bien sûr, mon erreur a été de poser deux questions en même temps. Alors, pour revenir à la deuxième : si l’on met de côté ton expérience et que l’on tient compte de l’incroyable variété des techniques et des façons de faire de l’improvisation, existe-t-il des preuves objectives ou expérimentales montrant que certains types d’improvisation sont particulièrement bénéfiques pour nos fonctions cognitives?
Allison Sekuler :
Il y a très peu de recherches rigoureuses dans ce domaine. Notre invitée fait donc partie des rares personnes qui ont commencé à travailler sur cette question. La docteure Krueger s’est penchée sur le sujet non pas tant sous l’angle des aspects dont je viens de parler, comme l’attention et la mémoire, mais plutôt sous celui de l’humeur, de l’anxiété et de la dépression. Nous savons qu’il existe des données indiquant que l’improvisation peut réduire les symptômes de dépression et d’anxiété. Ces effets sont certainement bénéfiques pour la santé du cerveau, car nous savons notamment que la dépression est un facteur de risque de démence. À l’Institut de recherche Rotman, nous planifions actuellement d’autres études avec nos collaborateurs du Shaw Festival et d’autres organismes pour comprendre ce qui se passe dans le cerveau lorsqu’on suit une formation en improvisation. L’objectif est ensuite de déterminer précisément quelles techniques ou quels exercices permettent d’optimiser ces effets. En effet, de nombreuses personnes commencent à proposer des cours d’improvisation aux personnes âgées, par exemple. Mais ces cours reposent essentiellement sur l’idée que l’improvisation est amusante. Nous voulons savoir comment adopter une approche scientifique pour concevoir ces programmes. Ce sera amusant, mais nous voulons aussi pouvoir démontrer comment en optimiser les effets sur la santé du cerveau.
Jay Ingram :
Ce serait vraiment intéressant à savoir. Et il ne faut pas non plus minimiser le fait que c’est amusant, comme nous l’avons dit plus tôt dans le balado, car certaines personnes peuvent se dire : « L’improvisation, ce n’est pas pour moi. » Mais quand on comprend que ce n’est pas une compétition et qu’il suffit d’être soi-même, je pense qu’on peut vraiment avoir envie d’essayer.
Allison Sekuler :
Pour en savoir plus sur la manière de renforcer la santé du cerveau et de réduire le risque de démence, ou d’en ralentir la progression, visitez notre site Web, defierlademence.org. Vous y trouverez les autres épisodes du balado, ainsi que nos vidéos, des images infographiques et d’autres ressources.
Jay Ingram :
Et nous aimerions vraiment avoir de vos nouvelles, car en décembre, nous préparerons notre toute première émission consacrée aux questions de nos auditeurs sur la démence.
Allison Sekuler :
Alors, si vous vous posez des questions sur les meilleurs aliments pour la santé du cerveau ou sur tout autre sujet abordé dans l’émission, n’hésitez pas à nous les envoyer. Nous chercherons les réponses. Envoyez-nous un courriel à [email protected] et inscrivez « Questions » dans l’objet.
Jay Ingram :
Notre équipe de production pour ce balado est composée de Rosanne Aleong et Sylvain Dubroqua. La production est assurée par PodTechs. La musique a été composée par Steve Dodd et le dessin pour la page de couverture a été réalisé par Amanda Forbis et Wendy Tilby. Notre rédacteur et réalisateur associé est Ben Schaub.
Allison Sekuler :
Un merci tout particulier à nos improvisateurs invités, Tim Paul, Romy Teperson et Red. Nous tenons également à remercier les organismes qui ont financé ce balado, la Slaight Family Foundation, le Centre d’innovation sur la santé du cerveau et le vieillissement, et Baycrest.
Jay Ingram :
De plus, votre soutien est grandement apprécié. Alors n’hésitez pas à vous abonner à Défier la démence quelle que soit la plateforme où vous écoutez vos balados. N’oubliez pas de laisser un « J’aime », un commentaire ou une note de cinq étoiles.
Allison Sekuler :
Dans le prochain épisode de Défier la démence, nous vous dévoilerons en exclusivité les dernières nouvelles de la plus grande conférence mondiale sur la démence.
Jay Ingram :
La Conférence internationale de l’Association Alzheimer vient de se terminer à Londres. Des milliers de chercheurs, de professionnels de la santé et de défenseurs des personnes atteintes de démence y ont participé.
Allison Sekuler :
Nous vous ferons découvrir les grands thèmes abordés lors de ce rassemblement dans le prochain épisode de Défier la démence. Je m’appelle Allison Sekuler.
Jay Ingram :
Je m’appelle Jay Ingram. Merci d’avoir écouté Défier la démence, et n’oubliez pas : il n’y a pas d’âge pour prendre soin de son cerveau.